Le jeu tigré des apparences

Auteur : Jean-Luc Steinmetz

Que peut encore la poésie aujourd’hui ? Au-delà de tous les tours de passe-passe sur le langage ou de la foire aux sentimentalités, Le Jeu tigré des apparences ose répondre. Partant de l’« imparfait » que ressent tout désir d’absolu, il rejoint l’« illimité présent ». Il prend en compte les surprises de l’heure, note en termes insolites les variations de l’amour, développe une méditation de fin d’avril, décline les illusions de surface (« instables stries ») et déroule trente étonnants poèmes écrits à Port-au-Prince (« Haïti seule »). Autant de thèmes qui rejoignent ceux de la poésie universelle, mais avec des moyens neufs et l’élan d’une pensée liant avec une étrange aisance l’anecdote privée et l’Histoire du monde. De nouveau la poésie apparaît proche, et cette proximité transmet à chacun le pouvoir d’expression par lequel l’homme se donne la plus troublante preuve de son existence.

Paru le 1er février 2008

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.