Le jour du jour : Infernalise

Edith Azam

On ne sait jamais comme on pense
quand on y pense
c’est à crever
Penser qu’on pense :
infernalise



Penser,
c’est d’abord la chair
Penser langager corps
et pas savoir comment l’accès :
ça fait BOUKAN



Penser ça rebondit
pas plus loin que la chair
Penser :
c’est corps qui déboule
Le chaos c’est d’abord tout moi



Penser la pensée c’est terrible :
c’est l’infernal du corps en vie




Poème extrait de Qui journal fait voyage
© Éditions Atelier de l’agneau
Reproduit avec l’aimable autorisation des Éditions Atelier de l’agneau

Poème
de l’instant

Singularités

Je ne vous laisserai rien

les meubles je les emporterai
les livres les plantes vertes les bibelots
je les emporterai
la poussière les poignées des portes
les tableaux les clous qui soutenaient les tableaux
le courrier non ouvert
tout cela je l’emporterai

à mon départ les poches gonflées des mille riens de
mon existence
accueilleront encore les âmes perdues
que j’avais abritées dans mon appartement

Carino Bucciarelli, Singularités, L’herbe qui tremble, 2020.