Le jour nouveau à naître

de Laurence Lépine

Le jour nouveau à naître

Préface de Simon Martin.

Les poèmes du livre de Laurence Lépine sont adressés à une sœur en poésie, Ingeborg Bachmann, morte en 1973. Parmi les mille facettes qui composent Le Jour nouveau à naître, ce texte est aussi une conversation par-delà l’absence. La poésie forge un lien d’amitié, dans le sens fort, amoureux, de ce terme. Le silence a ici autant d’importance que les mots et cet espace blanc, offert à chaque page, laisse une place à la voix de l’autre.

L’écriture de Laurence Lépine se réduit à l’essentiel. Il est souvent question de feu dans ses poèmes. De lumière aussi. Et de ce qui subsiste : les cendres, un « noir abécédaire ». Dans Le Jour nouveau à naître, le lecteur se trouve au coeur même, dévoilée, de la poésie.

seules en nous-mêmes noyées
nous marchions
dans des eaux profondes
un souffle nous parcourait les os
sur nos mains
soufflait
l’accord contraire

Laurence Lépine est née en 1967 à Carcassonne. Elle vit et travaille aujourd’hui à Bordeaux. Elle a publié dans plusieurs revues (Poésie/première, Friches, Arpa…). Avant Le Jour nouveau à naître, Laurence Lépine a publié Je porte la merveille aux éditions Henry, livre qui a remporté le Prix des Trouvères 2016.

Paru le 15 juillet 2019

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Is it for now or for always
The world hangs on a stalk ?
Is it a trick or a trysting-place,
The woods we have found to walk ?

Is it a mirage or a miracle,
Your lips that lift at mine :
And the suns like juggler’s juggling-balls,
Are they a sham or a sign ?

Shine out, my sudden angel,
Break fear with breast and brow,
I take you now and for always,
For always is always now.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.