Le lac de cendres d’Eugène Green

Le lac de cendres d'Eugène Green

Implantées dans une région frontalière, au cœur de l’Europe, les Éditions Arfuyen ont toujours éprouvé un très vif intérêt pour les écrivains qui, issus d’une autre langue, choisissent d’écrire en français. Car à leur langue d’adoption ils apportent un peu de la musique et de la sensibilité de leur langue d’origine et l’enrichissent d’autant. C’est ainsi que, depuis leur origine en 1975, les Éditions Arfuyen ont publié des auteurs comme François Cheng, Anise Koltz, Silvia Baron Supervielle, Michael Edwards ou Marwan Hoss.
Eugène Green est de ceux-là. Né en 1947 à New York, il a très tôt quitté son pays et voyagé à travers l’Europe, pour s’établir à Paris à l’âge de 22 ans. Dès 1977, il a créé sa compagnie théâtrale : le Théâtre de la Sapience et, vingt ans plus tard, est passé au cinéma avec Toutes les nuits, prix Louis-Delluc 2001. Six autres films suivront. Essayiste, il a donné des travaux passionnants sur ses conceptions théâtrales, mais aussi sur son expérience de cinéaste.
Avant toutes choses cependant, Eugène Green est romancier et poète. Son œuvre narrative a paru chez Melville, Actes Sud et, à partir de 2009, chez Gallimard. Centrale, son œuvre poétique reste, en revanche, largement inédite.
Le Lac de cendres a pour sous-titre « poème ». C’est dire que cet ensemble se présente comme une suite unique et solidement architecturée dont le thème est la disparition des cultures et des langues d’Europe dans la grande soupe communicationnelle aujourd’hui insolemment triomphante. Américain de naissance, c’est-à-dire selon lui né en « Nouvelle Barbarie », Eugène Green ressent cette évolution comme une responsabilité insupportable du pays dont il est issu et exalte avec d’autant plus de ferveur une civilisation des Lumières qu’il voit expirer…

Paru le 1er mars 2014

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Federico García Lorca

« L’homme approche … »

L’homme approche plus rapidement par la grâce de la poésie du bord où le philosophe et le mathématicien tournent le dos au silence.

Federico Garcia Lorca, 9 octobre 1935.