Le linceul du vieux monde de Gérard Mordillat

Le linceul du vieux monde de Gérard Mordillat

Les romans que Mordillat a publiés, ses films également montrent combien il est un homme engagé, fidèle à ses origines populaires, radical à l’occasion et politiquement courageux — espèce rare par les temps qui courent, faut-il le dire ?
Son abondante production ne l’a nullement conduit à reléguer dans l’oubli son amour des poètes (Gilbert-Lecomte, Daumal, Larronde, Artaud, Dadelsen, et Prével par-dessus tout), ni à renoncer à la poésie. Il en écrit un peu, sans manières et à sa façon, rouge et noire, pleine de sourde colère et de tendresse insolente. Très incorrecte en somme.

Paru le 1er février 2011

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Le Chant du métèque

Vous ne saurez jamais ma soif mon angoisse
des visages douloureux, des nébuleuses obscures,
des sourires lumineux, des carrefours tordus,
du temps qui naît, du temps qui meurt,
des fenêtres closes, des tombes étales
sous le baiser humide du ciel.

Jean Malaquais, « Le Chant du métèque », Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.