Le linceul du vieux monde de Gérard Mordillat

Le linceul du vieux monde de Gérard Mordillat

Les romans que Mordillat a publiés, ses films également montrent combien il est un homme engagé, fidèle à ses origines populaires, radical à l’occasion et politiquement courageux — espèce rare par les temps qui courent, faut-il le dire ?
Son abondante production ne l’a nullement conduit à reléguer dans l’oubli son amour des poètes (Gilbert-Lecomte, Daumal, Larronde, Artaud, Dadelsen, et Prével par-dessus tout), ni à renoncer à la poésie. Il en écrit un peu, sans manières et à sa façon, rouge et noire, pleine de sourde colère et de tendresse insolente. Très incorrecte en somme.

Paru le 1er février 2011

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Louis Aragon

L’amour qui n’est pas un mot

Ma vie en vérité commence
Le jour que je t’ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m’as montré la contrée
Que la bonté seule ensemence

Tu vins au cœur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j’ai flambé comme un genièvre
À la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi

Louis Aragon, « L’amour qui n’est pas un mot », Le roman inachevé, Éditions Gallimard.