Le mot Orage

Le mot Orage

Que restera-t-il de la foudre et de l’orage ? Des éclairs amoureux ? La cendre des villes ? Des gestes de pluie ? Que ce qui doit tomber tombe. C’est avec le feu dans la langue que Constance Chlore écrit nos tremblements, l’errance, la violence faite aux hommes, notre relation aux vivants. Poèmes courts, poèmes longs cherchent au rythme des battements d’ailes un espace plus large. Loin des gouttes de néant. Le feu est dans la phrase et éveille nos sens ; les vents arrivent, nous soulèvent. L’œil vient aux fleurs ; le vol des oiseaux n’est jamais loin. Aimer ressemble à une aile.

Attaques éclairs suivies de replis silencieux
aux griffes des pleurs voici de grands chemins très blancs
des bêtes surgissent, puis disparaissent
au point de haltes sèches
la foudre m’a embrassé
Demain j’irai vivre dans les forêts

Rien, ne dis rien, écoute
ce que ce cri de vent glacé
va détruire et proclamer

UN JOUR LE MOT ORAGE S’EST DÉCHAÎNÉ

Paru le 20 avril 2022

Éditeur : L’herbe qui tremble

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Évariste de Parny

Poésies érotiques

Enfin, ma chère Éléonore,
Tu l’as connu ce péché si charmant
Que tu craignois, même en le désirant ;
En le goûtant, tu le craignois encore.
Eh bien, dis-moi ; qu’a-t-il donc d’effrayant ?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme ?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L’étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir…
… Moments délicieux, où nos baisers de flamme,
Mollement égarés, se cherchent pour s’unir !
Où de douces fureurs s’emparant de notre âme,
Laissent un libre cours au bizarre désir !

Évariste de Parny, Poésies érotiques, 1778.