Le mur

Christian Viguié

Au devant d’eux
il s’envola des oiseaux
pour les vagues du ciel

Il n’y avait pas la mer
mais le reflet du soleil
sur les coquillages rouges
d’un mur.

 *

Quelquefois contre le mur
une main d’enfant dépassait
comme une étoile

et ce n’était pas par hasard
que le jour s’éclairait.

 *

Il y avait de la lumière
dans le bec du merle
Il y avait du vent
simplement pour l’hommage.

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.