Le mur

Christian Viguié

Au devant d’eux
il s’envola des oiseaux
pour les vagues du ciel

Il n’y avait pas la mer
mais le reflet du soleil
sur les coquillages rouges
d’un mur.

 *

Quelquefois contre le mur
une main d’enfant dépassait
comme une étoile

et ce n’était pas par hasard
que le jour s’éclairait.

 *

Il y avait de la lumière
dans le bec du merle
Il y avait du vent
simplement pour l’hommage.

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.