Le passage extérieur

Auteur : Kenneth White

Sur des thèmes qui se répondent et qui sont chers à l’auteur (Eloge de l’isolement, c’est-à-dire de quelques grands indépendants de la poésie et de la pensée : Brice, Villon, Rimbaud ; Souvenirs de la province ; Le manuscrit des mascareignes : notes d’un séjour dans l’océan Indien ; Lettres du promontoire : divers hauts lieux d’Europe et d’ailleurs), ce sont des poèmes souvent brefs, simples, frais comme des fleurs de montagne mais qui laissent deviner toute la chimie souterraine à laquelle elles doivent leur simplicité. C’est-à-dire, au fond, toute la « philosophie » très personnelle que Kenneth White a renoncé à exposer de façon discursive et qui trouve son épanouissement naturel dans ces fleurs. L’auteur sait très bien faire sentir et voir la présence des éléments - terre, eau, lumière - des animaux et surtout des oiseaux. Ce ne sont donc pas des fleurs de serre, et elles vibrent dans le vent du monde revenu à ses origines, tout comme les fleurs de la pensée qui ne serait là qu’un cinquième élément cousin de l’aurore, des collines et de la pluie. Bref, c’est vif, preste et stimulant.
Poète de langue anglaise installé en Bretagne depuis plusieurs années, Kenneth White est l’auteur de nombreux essais, récits et recueils poétiques dont, au Mercure de France, Mahamudra et Les rives du silence.

Paru le 1er mars 2005

Éditeur : Mercure de France

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

James Noël

Brexit

Aux yeux des étoiles, les murs et les gratte-
ciels sont des géants aux pieds d’argile Les
étoiles, ça roule des reins et cille des yeux
dans leur migration hautement lucide Pour
elles, le monde est plat et sans hauteur dans
son asphalte, donc ils ne constituent pas une
preuve solide, indéboulonnable dans l’univers

James Noël, Brexit, suivi de La Migration des murs, Éditions Au diable vauvert / 2020.