Le passant fabuleux

Auteur : Béatrice Libert

<i>Le passant fabuleux</i>

Co-édité par autres Temps et Les écrits des Forges

Béatrice Libert, du haut de sa Wallonie natale, plonge son regard clair dans les paradoxes du monde et de la vie, attentive à la beauté, à la fragilité, aux voix qui la fécondent.

Parfois ces dernières sont couleurs. C’est le cas de ce « passant fabuleux » qu’elle convoque en regard de ses mots : « J’aimerais écrire comme tu dessines / avec au ventre la jouissance / pleine et vaste de l’imparable geste. »

Grand spécialiste de Picasso, Jean-Marie Magnan nous livre dans sa préface « ce que Béatrice Libert saisit par un équivalent poétique, d’une telle intensité d’émotion qu’on ne peut que s’effacer au profit de sa lecture à claire voix de la mort dans le dernier autoportrait : "Cher vieux fou / tu te sais mordu par la Mort / comme un fruit trop mûr / Et tu cries avec le blanc / de toutes les âmes perdues". »

« Avec le jour le faune est entré
dans ma chambre
plus nu que la lumière

Et moi qui feignais le sommeil
j’abandonnai ma chair
à sa captivité »

Paru le 1er janvier 2003

Éditeur : Autres Temps

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.