Le prix de La Crypte – Jean Lalaude

Né à l’initiative de Pierre Seghers (éditeur et poète), Marcel Saint-Martin (peintre et poète), Marie-Louise Haumont (romancière, prix Femina) et Jean Lalaude (professeur agrégé), le prix de la Crypte a vu le jour en 1984. Soutenu par la ville de Hagetmau et le conseil général des Landes, le prix de la Crypte récompense un jeune poète francophone de moins de 30 ans, qui n’a jamais été publié à compte d’éditeur.

Valérie Rouzeau, prix Apollinaire 2012, a obtenu le prix de la Crypte en 1994 pour son premier recueil : Petits Poèmes sans gravité. Décerné par un jury de poètes, d’écrivains, et du comité de lecture des éditions de La Crypte, il consiste en l’édition à 300 exemplaires de l’œuvre sélectionnée.

L’auteur reçoit 50 exemplaires de son recueil, le reste demeurant la propriété des éditions de La Crypte, qui s’engagent à le faire connaître par toutes les voies habituelles de leur propre diffusion (libraires, internet, salons du livre).

Le lauréat est invité à participer au jury du Prix de La Crypte, l’année succédant à celle de sa récompense.

Règlement du Prix de La Crypte 2019

Quelques Prix de La Crypte :

1984 : Bruno DEY : Les Hannetons jumeaux
1985 : Elisabeth JAYAT : Le Non-Silence
1987 : Eric SAUTOU : Jusqu’au soir
1988 : Cyril GADOU : Georges Frêle
1991 : Valérie ROUZEAU : Petits Poèmes sans gravité
1992 : Frédérique SOUMAGNE : Anniversaire de mon maître
1994 : Gianni Grégory FORNET : Le Flegme des boucheries
1995 : Khaled EZZEDINE : Crépuscule d’eau
1997 : Sylvie SAUVAGE : Petit Voyage dans un monde ancien
2003 : Gabriel de RICHAUD : Périodes
2004 : Lise BELLYNCK : Onze gouaches
2007 : Aurélie FOURNIER : Comme une ironie
2013 : Maël GUESDON : sorgue
2014 : Martin WABLE : Prismes
2015 : Florent DUMONTIER : Sur le perron glissent des spectres d’ombre
2016 : Lou SARABADZIC : Ensemble
2017 : Axel SOURISSEAU : Le ravin aux ritournelles
2018 : Germain TRAMIER : Corps silencieux
2019 : Victor MALZAC : Respire

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.