Le rapt du silence de Marco Siscar

Le rapt du silence de Marco Siscar

Poèmes en proses traduits du portugais (Brésil) par Raymond Bozier et l’auteur

Quand la discrétion se marie à l’exubérance, dans un mariage ibérique comme celui-ci, il n’y a plus à proprement parler de secrets de famille. Comme si la recherche de sens lui faisait opposition, le temps est un vaste secret qui nous révèle. Comme si le sens lui faisait opposition, le temps nous berce de son vaste champ de légèreté. De ce manque de secret, de cette absence d’héritage, il ne reste que le fond partagé du mystère. À qui devrais-je rendre la clef de cet événement si décisif, à qui rendrais-je le secret de mon désir. Je vais vous dire enfin ce qui m’arrive sur cette route ondulée, faite de vieux bitume, qui me restitue ma propre valeur. Cette note dissonante étalée sur la terre rouge qui couvre la plaine et qui rouille les goyaviers. C’est la dernière fois que je me tourne vers toi, littérature, vers ta parole veloutée de pute, vers ton leurre tiède, vers ta vérité lubrique. Nous abandonnerons le vieillard qui cherche le nord de son sud. Son secret deviendra une histoire clandestine, récupérée derrière des portes blanches et bleues, qui gardent une convivialité fragile et sans souci. »

Paru le 1er novembre 2007

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Inédit

Si tu meurs
un beau jour
attention
à la marche
tu croiras
que ça monte
pas du tout
ça descend

Ludovic Janvier, Inédit