Le Réalgar

À force d'en découdre

1er juin 2019

À force d’en découdre

« d’où on part, rasant les murs au fond de soi ; d’un parquet, d’une pingre lumière par doigts d’enfants creusée, fourgonnée ; aucun feu derrière ; du vide et on y va ; plusieurs, le sommes-nous ? à passer, ça aiderait, du plus loin qu’on peut de son nom ; dès que dehors, sur les pavés de la cour et aux genoux froides meurtrissures, nous oblige à pencher, le ciel, à songer sourd, étouffe cru par le haut les arbres ; d’une fenêtre l’infirme, au troisième elle fait signe, nous pareil ; mais les murs donnent (…)

Un écart de conscience

9 mai 2019

Un écart de conscience

Photographies de Christiane Sintès.
Un monde de peu d’écho
à la lumière affaiblie.
C’est du sein de cette pénombre dilatée
sous la balafre de brefs éclairs
que je veux t’écrire.
Je sais que les mots échoueront
à retracer les contours du décor
qui m’environne et à saisir le flux hâtif
et désordonné de ma pensée.
Mais je tente par eux de te rendre
le goût exact de ce moment
c’est ici mon seul projet
même si leurs petites ailes de lumière
ne soulèvent
qu’un terrible noyau (…)

Un adieu aux ailleurs

1er mars 2019

Un adieu aux ailleurs

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Et des chansons pour les sirènes

1er mars 2019

Et des chansons pour les sirènes

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Connaissance de l'ombre

28 février 2019

Connaissance de l’ombre

Peintures de Serge Kantorowicz.
« Delphine Durand dispense les secrets de la dépossession. Elle dépeint avec un détachement dantesque ou une brusquerie maldororienne de si poignants mirages – la pluie de sang des corps sur un crâne délavé, les génies et les foules mêlés dans le ressac des âges, les démons aboyeurs d’hymnes entraînant la macabre danse des voiles des civilisations. Au regard des années-lumière, l’humanité ne saurait être plus qu’une empreinte d’eau vite évaporée à tous les soleils. Avec (…)

Terminus Schengen

31 juillet 2018

Terminus Schengen

« C’est bien parce que le poème s’avère seul capable d’intégrer l’expression la plus subjective à l’exigence d’une pensée qui, jamais, ne se contentera « d’interpréter le monde », qu’Emmanuel Ruben n’a pas récusé la voix dont, toujours, essayiste, romancier, il écoute l’accent, disant ainsi très haut l’abjection d’une Europe en proie à des démons surgis des culs-de-basse-fosse de sa longue histoire. Terminus Schengen… Une telle errance, une aussi tragique pérégrination au bout de la honte comme de la détresse ne rend (…)

Mais il y a la mer

15 mai 2018

Mais il y a la mer

Prose - Parution mai 2018« C’est une rue dans la ville, sans charme particulier, pavée à cette époque. Son attrait néanmoins venait de son pavement. Je l’aimais pour cela. D’un côté une enfilade de maisons, la plupart à étages, datant de la fin du dix-neuvième ; de l’autre le port, et séparé de lui par une allée d’arbres : un lieu de promenade appelé la petite Rabine en opposition à la grande Rabine, située sur l’autre rive. Large et longue, aux beaux jours les mères de famille s’y rencontraient, les enfants (…)

Entre chair et terre

28 février 2017

Entre chair et terre

Peintures de Jean-Claude Terrier.
« créatures confuses
issues du limon noir
quel potier aveugle
nous arêvées
quelle main main indifférente
nous a façonnées
visages
pétris
d’argile et de larmes ? »

Au bout de la route

1er janvier 2015

Au bout de la route

Récit de Jacques Josse.
Reproduction des gravures de Scanreigh.
« S’ensuit un grand silence. Durant lequel elle se recueille, immobile, ne perdant pas le moindre détail d’une scène d’accident qui se fiche dans sa mémoire avant de se déplacer vers celle de ceux qui vont devoir inventer ce qu’ils n’ont pas vu… »

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.