Le réel d’à côté

Auteur : Charles Dobzynski

<i>Le réel d'à côté</i>

LE RÉEL D’À CÔTÉ est un poème en trois mouvements, comme un trio musical. Il consiste en l’instauration et l’appropriation d’un dialogue, sous le signe de la passion, soit de manière indirecte (il et elle) soit sous forme d’une suite où le rêve et la réalité sont constamment confrontés. Le mouvement central fait alterner prose et vers : il représente l’articulation ou le fléau de la balance, une instance définie par le vers : “ lecture en creux de bouche à bouche ”. L’ensemble représente pour l’auteur une démarche nouvelle, dans son propre langage, un langage à la fois intériorisé et extrapolé.

Extrait
(37)
Par le rêve il passe
le réel d’à côté
qui ourle toute sa vie
une douve
où le nuage pulvérise
son miroir à deux faces
terre et ciel
la pluie coule partout en lui
bienfaisante
protectrice
il s’endort dans une goutte
pour renaître.

Illustrations

En frontispice, la reproduction d’une peinture de Nicolas Rozier.

Paru le 1er septembre 2005

Éditeur : L’Amourier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.