Le repentir de Rutebeuf (VI)

Puisque je vois mourir les faibles et les forts,
comment trouver en moi l’espoir réconfortant
de pouvoir me défendre contre la mort ?
Je ne vois personne, quel que soit son pouvoir,
à qui la mort ne fasse perdre pied
et qu’elle ne terrasse.
Que puis-je faire, sinon l’attendre ?
Elle n’épargne ni les puissants ni les humbles,
quelque richesse qu’on lui apporte.
Et quand le corps est réduit en cendres,
il lui faut rendre compte à Dieu
de ce qu’il fit jusqu’à sa mort !

Poèmes de l’infortune et autres poèmes
de Rutebeuf - édition Gallimard
traduction Jean Dufournet

Poème
de l’instant

Andrée Chedid

Liberté !

Tu existes pour agir
Devant toi les champs libres
Tu es faite
Pour te dégager
De tout enfermement

Tu as nom
Liberté !

Andrée Chedid, Inédit pour le Printemps des Poètes.