Le sens du toucher

Auteur : Christian Prigent

<i>Le sens du toucher</i>

Amoureux de l’art sous toutes ses formes, chercheurs, étudiants, passionnés de littérature : nombreux sont ceux qui se réjouiront de la publication du Sens du toucher, qui regroupe un entretien avec Bénédicte Gorillot et une série d’essais sur des artistes contemporains (de Mathias Perez à Pierre Tual, en passant par Olivier Roller). Ouvrage éclairant, s’il en est, ce recueil apporte une lumière crue sur l’art d’aujourd’hui autant, d’ailleurs, que sur la poésie. Il est à ranger aux côtés des précédents essais publiés chez Cadex, et de Ceux qui merdRent ou Une erreur de la nature (P.O.L). Savoureux.

Souriez, monde : vous êtes filmé (photographié, peint, sculpté, chorégraphié, écrit…). Un geste s’est déployé, exalté et enragé du désir de vous toucher. Mais simultanément désespéré de savoir que l’index du symbolique ne touche jamais en vrai « l’immense corps » des choses (la nature, la vie nue) - que c’est même lui qui, le désignant, le relègue dans une distance irrémédiable. Dans la démesure cruelle et charmante de cet écart œuvre la puissance de distinction de l’art, son tact. Quelques exemples (un entretien, quelques essais…) pour une fois de plus tenter de comprendre comment ça marche, en quoi ça touche, par où ça fait jouir, pourquoi ça déroute.

Thèmes : poésie, peinture, dessin, sculpture, photo, dramaturgie, écriture… Artistes cités : Serge Lunal, Mathias Perez, Jean-Marc Chevallier, Joël Desbouiges, Pierre Tual, Jean-Luc Parant, Vanda Benes, Olivier Roller.

Paru le 1er juin 2008

Éditeur : Cadex

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Serge Sautreau

Rivière je vous prie

Loin, un instant, des rives, souvenons-nous, riverains des cours de porcelaine, souvenons-nous des loges de verre, entre flammes et idoles, où se pâmaient le mythe, la révolte, les tyrannies de la fin…

Loin, à l’instant, loin du poumon fertile, c’est l’origine qui appelle avec de longs herbiers ondulant sous la nacre, laissant apercevoir des sables habités, des galaxie solubles, des à-pics de massifs coulés s’engloutissant dans le vert sombre.

Pour invoquer. Pour éveiller le dieu. Pour ne jurer de rien. Pour accueillir. Rivière.

Serge Sautreau, Rivière je vous prie, Éditions l’Atelier le Ciel sur la Terre, 1997