Le soleil et la source Frédéric Musso

Le soleil et la source Frédéric Musso

« Parfois il faut choisir un mot comme on ajuste un tenon dans une mortaise », écrit Frédéric Musso. Artisan méticuleux, il dépose ses mots choisis sur l’établi. Il les hume et les caresse, les fait sonner haut et clair avant de les apparier.
Des images se forment. Peu à peu, le poème prend naissance. Il le laisse reposer puis s’en empare à nouveau pour le polir avec ferveur. L’aube où des nuages trempent comme une main de fiancée dans le bleu d’un lac, la rêverie du marbre sous des cieux purs, le branle-bas des natures mortes. Ne te joue pas des lignes. Travaille les dans le sens du fil. Lorsque l’épure, enfin, apparaît sous le polissoir, vient le temps de la jubilation :

“Tu fus quelques saisons avant que se déclenche
la mécanique des corolles. Les poèmes sonnaient clair
sous la marquise de la nuit. Des mots de compagnie
rendus à la vie sauvage s’ébrouaient dans la blancheur
du papier.”

Journaliste, essayiste, romancier, poète, Frédéric Musso
a notamment publié à La Table Ronde La Déesse
(prix Roger-Nimier 1975), Un pékin en Chine (1988, réédité dans
la petite vermillon en 2008) ainsi que deux recueils de poésie,
L’imparfait du fugitif (2010) et L’exil et sa demeure (2013).

Paru le 1er mars 2016

Éditeur : La table ronde

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Isabelle Baladine Howald

Fragments du discontinu

Je soliloque

la voix n’est pas ce que j’oublie
la voix dans mon oreille
cet objet de désir la voix

voix d’autre voix de toi
unique et que je ne peux caresser

Isabelle Baladine Howald, Fragments du discontinu, Éditions Isabelle Sauvage, 2020.