Le soleil sur l’ardoise de J.-F. Ménard

Venu à l’écriture d’abord par son engagement pour le tiers-monde et les droits de l’homme, J.-F. Ménard publie poèmes et nouvelles depuis 1985 : Haïti blues, Calebasse d’étoiles, De l’autre bord de l’eau.

Entre fidélité aux mornes d’Haïti
et aux bords de la Vilaine

comme l’écrit René Depestre, il exprime une poésie forte par sa générosité et sensibilité
Il cherche comment faire poème sur simple parole, comment dire l’audacieux besoin d’horizon, parler du pays où se perdront nos traces , comment crier révolte ou tendresse…

Ses racines terriennes, les chemins côtiers et ces autres mondes interrogateurs, dont il partage l’esthétique ou les émotions, inspirent ses deux derniers titres : D’écume au vent la vie, Le soleil sur l’ardoise.

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : L’Harmattan

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lettres à Sophie Volland

10 juillet 1759,

J’écris sans voir. Je suis venu ; je voulais vous baiser la main et m’en retourner. Je m’en retournerai sans cette récompense ; mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré combien je vous aime ? Il est neuf heures, je vous écris que je vous aime. Je veux du moins vous l’écrire ; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et que je m’enfuie ?

Adieu, ma Sophie, bonsoir ; votre cœur ne vous dit donc pas que je suis ici ? Voilà la première fois que j’écris dans les ténèbres : cette situation devrait m’inspirer des choses bien tendres. Je n’en éprouve qu’une : je ne saurais sortir d’ici. L’espoir de vous voir un moment m’y retient, et j’y continue de vous parler, sans savoir si j’y forme des caractères. Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.

Denis Diderot, Lettres à Sophie Volland.