Le temps ouvre les yeux

Auteur : Gérard Pfister

Le temps ouvre les yeux

En ouverture du livre une notice est donnée : Pour l’interprétation de cette pièce. D’emblée le titre suggère la référence musicale. « Toujours des lumières apparaissent, des formes, des couleurs. Cela se déploie, se dilate. Les temps se croisent, s’accroissent. Toujours de plus belle. Haletant, titubant. […] Le paysage tout entier se compose, s’harmonise. C’est une vibration continue, inépuisable. Sous l’apparente fragilité, le lié, l’allègre d’une unique matière, labile, impalpable. La fluidité sans fin des feuillages, des pensées, des ombres. »
Publié en 2011, Le grand silence, oratorio a inauguré une forme nouvelle pour l’écriture poétique. Fondée sur une poétique radicalement repensée et sur une composition essentiellement musicale, elle tente de conjuguer le rythme de la prose et la concision du poème, la multiplicité du monde matériel et l’intensité de l’espace spirituel, pour les réconcilier dans l’unité du chant, un chant ample et fugué.

Paru le 1er juin 2013

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.