Le visage secret

Auteur : Alain Suied

Le visage secret

Précédé de trois lettres inédites d’André du Bouchet
André du Bouchet a été le « découvreur » d’Alain Suied en 1968 et les trois lettres inédites ici publiées sont particulièrement émouvantes, témoignant de cette relation privilégiée d’un poète avec son grand aîné.

À Suied alors âgé de 18 ans, André du Bouchet écrit ces mots : « Le poids de l’insignifiant quand il s’éprouve – à en étouffer, comme par instants, tant que nous avons le souffle –, je puis te dire, au loin comme je suis, qu’il concourt aussi à préserver la parole absolument précise qui est dorénavant et de toute façon la tienne » (10.07.1970). Vingt ans après, il le remercie pour ses textes, « d’un impératif irrésistible, exigence de soi-même qui est aussi interpellation de l’époque cruelle et sourde – fidélité de source qui ne surprend pas sur la lancée de ce qui aura précédé, mais, dans sa franchise, tout à fait singulière – je n’ai pas cessé de le penser – dans l’époque ».

Une journée d’étude sur l’œuvre d’Alain Suied a été organisée par l’université de Strasbourg le 7 février 2013. Les actes de cette journée sont publiés en même temps que le présent recueil par les PUS sous le titre Alain Suied : l’attention à l’autre.

Paru le 1er juin 2016

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.