& Leçons & Coutures II

Auteur : Jean-Pascal Dubost

& Leçons & Coutures II

& Leçons & Coutures II est le deuxième volume du « Grand Livre de Dettes » de Jean-Pascal Dubost, initié en 2012. « Invention verbale permanente et délectable, fabrique de mots qui tourne à plein régime… » (Florence Trocmé), « vrai festival de langue » (Antoine Emaz)…, les éloges n’avaient pas manqué alors. De nouveau constitué de 99 poèmes en prose (« prosains »), chacun consacré à un auteur, mais cette fois-ci eux-mêmes constitués de 9 lignes (« neuvains »), et un titre-poème inaugural de la longueur d’un tweet… Si Jean-Pascal Dubost aime les contraintes, c’est qu’elles ne sont que prétexte à faire langue, à faire corps avec la langue, en grande jubilation. En tant que lecteur, et en tant qu’auteur.
Derrière l’étendue de la culture livresque, aussi bien historique que géographique, des anciens aux modernes, des linguistes ou sémiologues aux poètes les plus contemporains en passant par les figures tutélaires, c’est l’amour de la langue qui jaillit dans sa liberté, son interrogation du monde et de notre rapport au monde tel qu’il nous situe, et nous déplace… l’amour des « mots-vivants », qui font « Libérature par tous les moyens ».
Mais ces poèmes, loin, très loin du pastiche que l’on pourrait attendre dans ce type d’exercice, sont ceux d’un « poète-punk-hack », d’un poète écrivant sur mais avec chacun des auteurs cités, en un « échange quasi organique » ( Florence Trocmé)… Et dans une liberté sidérante où se lit l’amour de l’auteur pour l’histoire de la langue et de la littérature, avec penchants pour le médiéval et le baroque, cherchant, toujours et encore, que « le poème soit une rafale de mots, et un acte utile au combat, et utile comme la pluie, et une arme d’assaut […], et une arme de persuasion subliminale, car la poésie, hé, bien visée, ça peut faire mal – ». À force de rire, aussi !

Paru le 18 mai 2018

Éditeur : Editions isabelle sauvage

Poème
de l’instant

Charles Juliet

Une joie secrète

immergés
tous deux
au plus reculé
d’un silence
qui efface
le monde

la calme
tension
de ton écoute

prends
prends
mes mots

donnons-nous
du vivant

Charles Juliet, Une joie secrète, Voix d’encre, 2002.