Léger mieux de Shoshana Rappaport

Léger mieux de Shoshana Rappaport

« Oui. Elle va ramener l’ordre. Elle sera submergée par la vie ordinaire. Elle trompera l’ennui. Elle s’imposera de nouvelles règles. Elle régnera malgré le tumulte. Elle s’habituera à ses nuits d’insomnie, à ses crises, aux migraines, à l’euphorie qui suit. »
Lorsque l’abîme se dresse, que la pensée se heurte avec une lucidité sans faille à ce qui la menace, qu’elle se déploie en vain contre le tourment – se retournant contre elle-même –, que l’existence tressaille, réifiant l’effort, quand le bruissement intérieur anéantit progressivement l’idée même d’un avenir possible, quelle réponse opposer, fermement, à l’inexorable ?
Léger mieux tente d’échafauder une hypothèse, de résoudre le paradoxe de trois vies auxquelles la création offre bien plus qu’un recours inespéré.

Trois portraits, trois destins, trois femmes : Virginia Woolf, Sylvia Plath, Marina Tsvetaïeva.
Les trois grâces furent-elles les sœurs des Parques renvoyées à la nuit ?

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.