Léger mieux de Shoshana Rappaport

Léger mieux de Shoshana Rappaport

« Oui. Elle va ramener l’ordre. Elle sera submergée par la vie ordinaire. Elle trompera l’ennui. Elle s’imposera de nouvelles règles. Elle régnera malgré le tumulte. Elle s’habituera à ses nuits d’insomnie, à ses crises, aux migraines, à l’euphorie qui suit. »
Lorsque l’abîme se dresse, que la pensée se heurte avec une lucidité sans faille à ce qui la menace, qu’elle se déploie en vain contre le tourment – se retournant contre elle-même –, que l’existence tressaille, réifiant l’effort, quand le bruissement intérieur anéantit progressivement l’idée même d’un avenir possible, quelle réponse opposer, fermement, à l’inexorable ?
Léger mieux tente d’échafauder une hypothèse, de résoudre le paradoxe de trois vies auxquelles la création offre bien plus qu’un recours inespéré.

Trois portraits, trois destins, trois femmes : Virginia Woolf, Sylvia Plath, Marina Tsvetaïeva.
Les trois grâces furent-elles les sœurs des Parques renvoyées à la nuit ?

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.