Lénore et autres poésies allemandes

Auteur : Gérard de Nerval

Lénore et autres poésies allemandes

On sait aujourd’hui que la composition des premiers sonnets des Chimères suivit de près l’ensemble des versions de « poésies allemandes » que Nerval avait réalisées. Loin de constituer une occupation annexe ou d’être un simple exercice, « la traduction fut pour lui, selon Gérard Macé, une expression à mots couverts, qui lui a permis de donner libre cours à ses fantasmes et ses hantises, sans avoir à les déclarer en son nom propre, et l’on peut penser que les”poésies allemandes” ont été bienfaisantes pour Nerval : du point de vue mental, ce ne fut que provisoire, et peut-être incertain, mais du point de vue poétique ce fut déterminant.

Grâce à Goethe, Schiller, Klopstock, Uhland, Bürger et Heine, Nerval a pu tourner le dos à la versification machinale et stérile à laquelle il s’adonna dans ses ”vers de jeune homme”, pour reconnaître ce qui au fond n’appartenait qu’à lui, puis nous donner des vers dont le charme est si troublant qu’il ne doit plus rien au métier. »

Avec ce recueil publié après celui des Chimères, c’est tout un jeu de correspondances, pareil à un jeu de miroirs, qui se révèle ; c’est aussi un fascinant processus de création qui vient au jour.

Paru le 24 novembre 2005

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.