Les Carnets du Dessert de Lune

Contact

67 rue de Venise

1050 -B-

Bruxelles

L'éponge des mots par Saïd Mohamed

1er octobre 2012

L’éponge des mots par Saïd Mohamed

Inventer une langue nouvelle : non une trahison
impudique, des mots dessins d’ailes, roulements de
boogies qui courent sur la ligne et ramènent en surface
les images, visages sans muscles, les formes naissant à
l’espoir, la lumière précise aiguisée, l’amertume des citrons confits.
Une langue d’odeurs et de couleurs qui prolongera les
moments jaillis du big-bang d’avant la forme
d’homme.
Questions ajoutées aux autres questions avec pour
seule réponse le doute.
Une langue dont la trame ne soit (…)

Je dirais que j'ai raté le train

1er octobre 2012

Je dirais que j’ai raté le train

Illustrations Amélie Harrault
Solitude
je traverse la ville
seul dans la foule
mes habits m’accompagnent

Et la nuit de Marie Evkine

1er septembre 2012

Et la nuit de Marie Evkine

"mon père n’avait rien demandé
enfants d’Algérie
dans ton bout de Bretagne
tu vivais des vingt ans de jolies filles
de voitures et de soleil dans les cheveux
des cheveux crantés coiffés gominés
les cheveux des photos de tes vingt ans mon père"

Un régal d'herbes mouillées d'Anna de Sandre

1er septembre 2012

Un régal d’herbes mouillées d’Anna de Sandre

"Douze, rue Modiano
Quand elle en laissait
entrer un
dans sa chambre aux murs
couverts
il se laissait d’abord
distraire
par des photos
dédicacées
d’écrivains peu connus
jusqu’à ce qu’elle ôte
son pull-over…"

Je dirais que j'ai raté le train de Pierre Soletti et d'Amélie Harrault

1er septembre 2012

Je dirais que j’ai raté le train de Pierre Soletti et d’Amélie Harrault

"la
route
au départ
excédait
4
dimensions
je suis formel"

Les âmes petites de Véronique Joyaux

1er janvier 2012

Les âmes petites de Véronique Joyaux

"Les poèmes de Véronique Joyaux ont une dialectique de l’approche du temps. Le temps banal qui rôde autour des choses, mais aussi celui qui ouvre sur l’essentiel dans un questionnement." Georges Bonnet

Carnets de tête d'épingles

1er novembre 2011

Carnets de tête d’épingles

"J’avais des rêves au départ
J’avais des rêves
J’avais
J’"

vole vole vole

1er novembre 2011

vole vole vole

Illustrations de Consuelo de Mont-Marin
"Oiseaux mes amis
je ne fais que pose
des mots sur vos notes
vous me dictez
j’écris"

Diogène au potager

1er juin 2011

Diogène au potager

Insociable sociabilité,
constatait Emmanuel Kant. La fève déteste l’ail qui déteste le pois qui déteste l’échalote qui
déteste le haricot qui déteste le poireau qui déteste la betterave qui déteste la tomate qui déteste la
pomme de terre (conflit familial entre solanacées !) qui déteste le concombre qui déteste le melon qui
déteste la courge qui déteste etc. On se croirait à l’université d’été des socialistes ou des écologistes !
La friche politique devrait en prendre de (…)

Je(s) de Denis Guillec

1er mars 2011

Je(s) de Denis Guillec

Solitude
Clic, porte fermée, enfin seul !
Mon fauteuil !
Thorax soulevé. Poitrine gonflée. Respiration
coupée. Diaphragme tendu.
Puis - miracle des frontières - relâchement.
Expiration interminable. Soupir apaisant.
Puissamment apaisant.
Diaphragme détendu. Flottant. Respiration lente et fluide.
Saveur de la plénitude du silence après la nausée du caquetage social. Fragrances du silence. Couleurs du silence. Étourdissant silence. Rafraîchissant silence.
Moment inestimable de l’unité après la (…)

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.