Les Carnets du Dessert de Lune

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Bruxelles

Diogène au potager

1er juin 2011

Diogène au potager

Insociable sociabilité,
constatait Emmanuel Kant. La fève déteste l’ail qui déteste le pois qui déteste l’échalote qui
déteste le haricot qui déteste le poireau qui déteste la betterave qui déteste la tomate qui déteste la
pomme de terre (conflit familial entre solanacées !) qui déteste le concombre qui déteste le melon qui
déteste la courge qui déteste etc. On se croirait à l’université d’été des socialistes ou des écologistes !
La friche politique devrait en prendre de (…)

Je(s) de Denis Guillec

1er mars 2011

Je(s) de Denis Guillec

Solitude
Clic, porte fermée, enfin seul !
Mon fauteuil !
Thorax soulevé. Poitrine gonflée. Respiration
coupée. Diaphragme tendu.
Puis - miracle des frontières - relâchement.
Expiration interminable. Soupir apaisant.
Puissamment apaisant.
Diaphragme détendu. Flottant. Respiration lente et fluide.
Saveur de la plénitude du silence après la nausée du caquetage social. Fragrances du silence. Couleurs du silence. Étourdissant silence. Rafraîchissant silence.
Moment inestimable de l’unité après la (…)

Le poète pisse dans son violon (version symphonique)

1er octobre 2010

Le poète pisse dans son violon (version symphonique)

"Très tôt j’ai compris que j’étais comme les cerises et que je me conserverais mieux et plus longtemps dans l’eau-de-vie."
collection Dessert
« Comment prendre au sérieux un pessimiste à l’accent provençal ? ». Réponse possible : en appréciant la vélocité avec laquelle il résume une vie humaine : « Tricycle ! Mobylette ! Mercédès ! Corbillard ! Amen ! ». Entre ce premier et ce dernier aphorisme, dix autres du même acabit, comme autant de petits extraits d¹existence parcourant des feuillets disposés en (…)

Poèmes pour sautijouer

1er mars 2010

Poèmes pour sautijouer

Huguette Cormier

Mes escaliers

1er décembre 2009

Mes escaliers

"Un homme trouve un escalier, observons-le. Il met en
œuvre, non sans précaution, un système complexe de muscles et
d’articulations : un luxe de cartilages, tendons et sérosités que
dans un élan autant physiologique que poétiquement pongien il
déploie."
[…]

Titré Haikus de Nicolas Cotten

1er décembre 2009

Titré Haikus de Nicolas Cotten

"Yourte de nuit
les étoiles dorment
à même le sol"

Foulées douces de Jean-Louis Jacquier-Roux

1er décembre 2009

Foulées douces de Jean-Louis Jacquier-Roux

"Aimer" l’Italie, l’aimer tout court et tout entière, l’aimer en dépit de tout et d’elle-même, c’est
une autre affaire.

Anonyme euphorbe

1er septembre 2009

Anonyme euphorbe

"Je sillonne un marché luxuriant qui se donne,
qui demeure, j’y cherche vos pas qui se dérobent.
J’articule le blanc de votre nom face au relief proche
et boisé d’un jardin carré et je me dilue dans ce proche
lointain où vous me détailliez en aveugle. Presque
prête je me déroulais, palimpseste encore à déchiffrer."

Transatlantique de Daniel Labedan

1er juin 2008

Transatlantique de Daniel Labedan

Zone lente
Le gérant chinois de cette épicerie
a placé au-dessus de la porte d’entrée
une bande de soie avec
des idéogrammes imprimés
qui signifient bonheur et longue vie
Lucien Quine lui achète cinq samoussas
une pile au lithium une bouteille d’eau minérale
des kleenex et trois barres vitaminées au miel
dehors il pleut des cordes
un escargot grimpe sur la façade
recouverte d’une fresque Pepsi-Cola
de l’autre côté de la rue
de jeunes enfants se placent
sous les gouttières (…)

<i>J'aurai voulu t'écrire un poème</i>

1er juin 2008

J’aurai voulu t’écrire un poème

T’écrire oui c’est ça t’écrire je tape la machine aux étoiles répond des lettres. Pierre Soletti a publié des livres de poèmes chez divers éditeurs, ainsi que des nouvelles en revues & livres collectifs. Nombreuses lectures publiques avec son frère, le musicien Patrice Soletti, notamment au festival Voix de la Méditerranée à Lodève, au Centre Européen de Poésie d’Avignon, au Musée d’Art Moderne de Cordes sur Ciel, au festival du livre de Figeac, etc. Récemment, deux de ses (…)

Poème
de l’instant

Mohammed Khaïr-Eddine

Mémorial

Une clepsydre à la hotte des océans
bardée de silences ambiants arrime
un infini souverain au renouveau puissant…

Bleui ainsi que ton cœur éclaté en étoiles
filantes, il va, il se souvient
de tous les bataclans,
de navires en perdition
et des cieux souterrains,
de tes multiples faces –
royal et pur puisant la force
dans les ors incompris des hiéroglyphes et
dans
l’éclat précaire du Soleil.

Mohammed Khair-Eddine, 1941-1995, Mémorial , le cherche midi éditeur, 1991.