Les Chimères - La Bohême galante - Petits châteaux de Bohême

Auteur : Gérard de Nerval

Les Chimères - La Bohême galante - Petits châteaux de Bohême

« C’est le chant des sirènes qu’on entend dans Les Chimères, un chant dont le charme est si puissant qu’il peut être mortel : on se souvient qu’Ulysse, pour ne pas succomber, dut s’attacher au mât de son navire ; et Nerval au bout de son aventure terrestre, une nuit d’hiver où il gelait à pierre fendre, s’accrocha par le cou à une grille du vieux Paris. ((…))

On sait par cœur, sans l’avoir voulu, des poèmes entiers des Chimères, et certains vers remontent d’eux-mêmes à la mémoire : le rythme n’est pas étranger au phénomène, non plus que la phrase limpide et le contenu énigmatique, autrement dit le sentiment d’entendre un oracle, qui ne dévoile pas le mystère mais nous fait entendre sa parole. Or, cette parole est avant tout une méditation à voix haute, une interrogation musicale et prolongée, pour laquelle il n’y a pas de clé, pas de chiffre, pas d’explication unique. »

Gérard Macé.

Paru le 1er septembre 2005

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Cahier de création

Et s’il ne restait que la force du chant
la puissance impalpable d’un cœur de graminées
le bonheur insondable du chœur rythmé
la sobriété généreuse des souffles mêlés
et s’il ne restait que le giron de la transe
berceau de nos rêves en nos chevelures dénouées
claquement de mains et chairs libérées
bras serpentins et hanches agitées
et s’il ne restait que la solidité de nos rêves

Sabrina Sow, Cahier de création, Illustrations d’Alexis Christiaen, Éditions de l’espèce, 2020.