Les Chimères - La Bohême galante - Petits châteaux de Bohême

Auteur : Gérard de Nerval

Les Chimères - La Bohême galante - Petits châteaux de Bohême

« C’est le chant des sirènes qu’on entend dans Les Chimères, un chant dont le charme est si puissant qu’il peut être mortel : on se souvient qu’Ulysse, pour ne pas succomber, dut s’attacher au mât de son navire ; et Nerval au bout de son aventure terrestre, une nuit d’hiver où il gelait à pierre fendre, s’accrocha par le cou à une grille du vieux Paris. ((…))

On sait par cœur, sans l’avoir voulu, des poèmes entiers des Chimères, et certains vers remontent d’eux-mêmes à la mémoire : le rythme n’est pas étranger au phénomène, non plus que la phrase limpide et le contenu énigmatique, autrement dit le sentiment d’entendre un oracle, qui ne dévoile pas le mystère mais nous fait entendre sa parole. Or, cette parole est avant tout une méditation à voix haute, une interrogation musicale et prolongée, pour laquelle il n’y a pas de clé, pas de chiffre, pas d’explication unique. »

Gérard Macé.

Paru le 1er septembre 2005

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Guennadi Aïgui

« Un peu »

bonheur ? – « Un peu »
béatitude – « Un peu » :

ô murmure : comme vent – du soleil :

de pain – un peu… et de lumière du jour… –

et du petit bruit des hommes
comme d’une nourriture – pour la Mort prête… –

que nous la rencontrions paisiblement
comme si nous étions tous toujours sur tout seuil –

en fraternelle souffrance… –

ô notre liberté !… – lueur d’âme :

simple :

« Un peu »
1975

Aïgui, « Un peu », Festivités d’hiver, traduit du russe par Léon Robel, Les Éditeurs français réunis, 1978.