Les Complaintes

Auteur : Jules Laforgue

Les Complaintes

Le plus connu des poètes méconnus de la fin du siècle passé, Jules Laforgue, est mort à vingt-sept ans. Publiées en 1885, Les Complaintes constituent un des recueils majeurs de la modernité. En reprenant la forme de la complainte, si typique de la chanson populaire, triste certes, mais faussement naïve et volontiers goguenarde, Laforgue entend bien faire œuvre originale et se démarquer de poètes qu’il n’aime guère, tel Corbière. Et c’est précisément parce qu’elle est inclassable que sa poésie suscite des avis partagés. Si Gide et Malraux ont aimé Laforgue, les surréalistes l’ont boudé, le suspectant d’amitiés « réactionnaires ». Il faut ainsi, pour lire Laforgue, se passer de recommandation extérieure et simplement l’écouter, lui qui compare la musique des Complaintes à celle de « son congénère l’orgue de Barbarie ».

Paru le 19 novembre 1998

Éditeur : Flammarion

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Andrée Appercelle

Soleil noir ta peau

Aucun souffle
cette immobilité
de pierre épuise
un siècle
me sépare
de ta peau
que je voudrais
minérale
pour fermer
mes doigts
sur elle comme
on chauffe
un caillou

Andrée Appercelle, Soleil noir ta peau, Le Temps des Cerises, 2006.