Les Contrerimes,

Les Nouvelles Contrerimes

Auteur : Paul-Jean Toulet

Les Contrerimes,

Jorge Luis Borges tenait Paul-Jean Toulet (1867-1920) pour l’un des plus grands poètes français. Singulier destin que celui de cette figure haute en couleur : écolier indiscipliné, voyageur insatiable, Toulet vécut en France, à l’île Maurice, à Alger ; nègre de Willy, le mari de Colette, il fréquenta pendant ses années parisiennes Léon Daudet, Jean Giraudoux et Claude Debussy. Inclassable classique, il a su donner au madrigal, appelé par lui " contrerime ", une inquiète beauté admettant en son cœur l’ironie. Sensuels et mystérieux, anecdotiques et moqueurs, les poèmes rassemblés dans Les Contrerimes et les Nouvelles Contrerimes, marqués par leur concision, évoquent tout à la fois les haïku japonais et les quatrains d’Omar Khayam, les épigrammes antiques et la poésie d’Apollinaire. Ils nous promènent des cabarets des Halles à l’île Bourbon, du Béarn à Bénarès, de la tour Eiffel au Tonkin ; suggèrent les plaisirs de l’ivresse et de l’amour ; esquissent des paysages peuplés de nymphes libertines. Ces vers charmants firent les délices des plus célèbres poètes, de Paul Claudel, qui en loua " l’allure élégante et désinvolte ", à Jacques Réda, en passant par Paul Valéry et Philippe Jaccottet.

Paru le 28 mai 2008

Éditeur : Flammarion

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.