Les Exilés

Auteur : Théodore de Banville

Les Exilés

Théodore Faullain de Banville (1823-1891). Ami de Baudelaire, premier soutien à Paris du jeune Rimbaud, écrivain reconnu et célébré mais, surtout, l’un des vrais poètes d’une époque à laquelle dans son mépris des conformismes bourgeois, il ne ménagea guère les sarcasmes. Pourtant, le siècle écoulé depuis sa mort ne lui a pas rendu justice. Parnassien ? Ce serait le réduire à sa virtuosité, ne pas entendre les ultimes échos dans l’œuvre du romantisme, ne pas voir s’y lever les premières lueurs du proche symbolisme. Des Exilés (1867), Banville écrivit que s’il devait rester un livre de lui, il souhaitait que ce fût celui-là.

Paru le 15 décembre 1994

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Georges Didi-Huberman

Survivance des lucioles

Les lucioles, il ne tient qu’à nous de ne pas les voir disparaître. Or, nous devons pour cela, assumer nous-mêmes la liberté du mouvement, le retrait qui ne soit pas repli, la force diagonale, la faculté de faire apparaître des parcelles d’humanité, le désir indestructible. Nous devons donc nous-mêmes - en retrait du règne et de la gloire, dans la brèche ouverte entre le passé et le futur - devenir des lucioles et reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs émises, de danses malgré tout, de pensée à transmettre. Dire oui dans la nuit traversée de lueurs, et ne pas se contenter de décrire le non de la lumière qui nous aveugle.

Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles, Éditions de Minuit, 2009.