Les Loups

Auteur : Sophie Loizeau

Les Loups

Le livre de Sophie Loizeau correspond bien à une certaine orientation de la collection poésie, marquée par la présence de la nature (comme le livre de Aurélie Foglia édité récemment). Ce n’est évidemment pas la nature à la manière des Romantiques, mais la nature telle qu’elle peut être ressentie au XXIe siècle.

Quant au livre Les Loups (2017 – 2018), il s’agit peut-être là d’un combat. Entre le don et la violence, entre le sensé et l’insensé, entre la compréhension et la bêtise, entre des forces que tout oppose (les loups et les anti-loups) et dont les radieuses se nomment Loups (terme générique désignant l’ensemble des êtres sauvages et persécutés, désignant ce qui échappe au contrôle et à la domination, à l’enrôlement). Un combat à l’issue duquel les anti-loups sont circonscrits, puis dissous.

Ce qui œuvre dans tous les livres de Sophie Loizeau et qu’elle nomme Le don d’instase c’est quand tout concorde un instant. Réceptivité à la nature, aux bêtes, aux sensations, au surnaturel, à l’esprit du monde ; joie d’habiter et recueillement sont les maîtres mots. Mais la contrepartie du don est sombre et cherche à tout gâcher. L’auteure écrit dans cette tension.

Texte de l’éditeur.

Paru le 28 mars 2019

Éditeur : José Corti

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.