Les Oiseaux lacunaires

Auteur : Margaux Lefebvre

Les Oiseaux lacunaires

Chez Margaux Lefebvre, la poésie est un virus coriace : dès six ans, l’enfant du grand froid rémois trouve refuge et chaleur dans ses mots. Après de nombreuses années d’écriture clandestine, l’amour du voyage la porte, à 20 ans, à Salvador de Bahia, où le bon air brésilien lui souffle l’inspiration pour ce recueil. Trois ans plus tard, son diplôme de Sciences Po en poche, Margaux continue de jongler entre ses différents projets artistiques, mêlant le chant et le théâtre à la littérature.

Les Oiseaux lacunaires est son premier ouvrage.

Paru le 6 décembre 2017

Éditeur : Librairie Galerie Racine

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage