Les Poésies

suivi de « Le Nageur d’un seul amour »

Auteur : Georges Schehadé

Les Poésies

« Je rouvre ce recueil - Les Poésies - par l’article insolitement clos comme un coffre que l’on peut transporter partout avec soi, le saisissant par les deux anneaux latéraux des premiers poèmes et de « Si tu rencontres un ramier » - (1938-1951 : le temps qu’il a fallu pour constituer le lapidaire, l’herbier) ; oui, je l’ouvre comme un coffre incrusté de nacre, aux parois de cèdre ou de santal, et c’est un parfum qui s’en exhale, que je reconnais aussitôt, entre tous les autres, bien qu’il appartienne à une essentielle, à une intemporelle poésie, comme, marchant les yeux fermés dans cette forêt, je sais à une senteur si complexe et si subtilement équilibrée que je ne la retrouverai nulle part et que les mots me manquent pour la nommer, que je suis parvenu à la hauteur d’une haie familière. »

Gaëtan Picon.

Paru le 18 septembre 2001

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Jean-Louis Rambour

33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse)

Il arrive fréquemment que les hommes aient peur des chevaux. Certains jouent les indifférents, d’autres ne cachent pas leur inquiétude. Pégase, le cheval divin, avait des ailes d’ange à faire peur. Incitatus avait une écurie de marbre, une mangeoire en ivoire, à faire peur. Sur la tombe de son cheval, Alexandre fonda la ville de Bucéphalie et provoqua peur et questionnement. Mais là, là, dans ce champ jaune, il s’agit de retourner les terres les plus empierrées, car tout le monde ne possède pas encore son Massey Ferguson. Auquel on ne prête ni ailes ni ombres.

Jean-Louis Rambour, 33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse), Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits, 2020.