Les Poètes du Grand Jeu

Auteur : Zéno Bianu

Les Poètes du Grand Jeu

Des jeunes gens qui ont le goût de l’absolu, qui proclament ne chercher que l’essentiel, qui jouent de la dérision comme d’un vertige, créent en 1928 une revue dont le titre fait écho aux manœuvres des arpenteurs, des géographes et des espions d’Orient : Le Grand Jeu. Mais René Daumal, Roger Gilbert-Lecomte, Maurice Henry, Pierre Minet, André Rolland de Renéville, Monny de Boully, André Delons, Hendrik Cramer, Pierre Audard, aussi Desnos, Vitrac, Ribemont-Dessaignes, Sefert ou Nezval, n’entendent pas seulement forcer des zones frontières, des limites terrestres, ils ont en tête les défis plus risqués dont on ne revient pas, ou alors souverainement calciné.
Aventure éphémère s’il en est (1928-1932 : trois numéros parus, un quatrième non publié), Le Grand Jeu est, dans le siècle, l’une des expériences décisives qui ne s’éveillent qu’à la lumière de soleils noirs et ne se soucient que d’expéditions vers des Monts inconnus, inaccessibles au-dehors et sans pitié au-dedans.

Présentation et choix de Zéno Bianu, collectif, collection Poésie/Gallimard.

Paru le 1er mars 2003

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.