Les amours Chino

Auteur : Christian Prigent

<i>Les amours Chino</i>

Ce livre fait suite à Les Enfances Chino, roman publié chez POL en 2013.
À la fin du précédent volume, le « héros », Chino, est parvenu au sommet de la pente dite « enfance ». Dans Les Amours Chino, il a basculé sur l’autre versant puis dévalé, d’adolescence à sénescence, vers les passions amoureuses. Les « fleur bleue » comme les pornographiques, les durables et les furtives, les douloureuses et les joyeuses, les exotiques et les banales.
De l’évocation de ces épisodes Christian Prigent a fait un roman, en dix-huit chapitres. On n’y suit pas l’ordre du temps. Plusieurs époques, plusieurs scènes, plusieurs objets d’amour s’y trouvent recomposés sans souci de reconstitution. Tout remonte en vrac du feuilleté de la mémoire des corps, des paroles, des sites, des agitations sensuelles.
Pour arrêter ce mouvement sur quelques images à peu près nettes, on a voulu une forme découpée en spots brefs, concentrée, régulière : explicitement artificielle. Ce pourquoi ce roman est en vers. Un vers sévèrement compté – impair, pour éteindre la mélodie trop chantonnée. Ostensiblement rimé (même si parfois de façon acrobatique, voire clownesque). Et emporté par un train obstiné de quatrains (trois à chaque fois).

Paru le 1er avril 2016

Éditeur : POL

Genre de la parution : Prose

Poème
de l’instant

Cécile Coulon

Courir

La course, la vraie, est une fureur carnivore. Un astre brûlant caché dans les jointures du corps ; elles grincent, la nuit, comme un miracle froissé. Une force qui rugit, à laquelle nous sommes forcés de croire puisque qu’il n’y a qu’elle qui puisse suspendre aux crochets des montagnes des femmes et des hommes emplis de cette beauté brutale qui ne supporte ni la lenteur, ni les cris, ni ces bouquets d’amnésie qu’on s’offre pour éviter d’avoir mal. »

Cécile Coulon extrait de « Courir », Les ronces, Éditions Le Castor Astral, 2018