Les aventures perdues

Auteur : Alejandra Pizarnik

Les aventures perdues

Traduction de Jacques Ancet.

Publié en 1958 à Buenos Aires, Les aventures perdues est un recueil de 21 poèmes. Deuxième titre dans la bibliographie d’Alejandra Pizarnik, avec celui qui le précède, La dernière innocence, il représente sa première manière, plus figurative et discursive mais hantée par les figures de mort et de nuit qu’on retrouvera par la suite exploitées différement sous un ciel plus transparent et brillant. Un « Je » encore romantico-expressioniste — comme le montre bien la citation de Georg Trakl en exergue :
Sur de noirs rochers / se précipite ivre de mort, / l’ardente amoureuse du vent — chante sa déchirure et son besoin de dire, d’inventer une nouvelle parole pour vivre.

Paru le 12 mars 2015

Éditeur : Ypsilon éditeur

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.