Les baisers/épigrammes

Les baisers/épigrammes

Par Jean Second, Michel Marulle

La Renaissance latine est une mine de joyaux poétiques, « Atlantide oubliée », trop oubliée parce que trop pillée par les poètes français de la Pléiade, Ronsard en tête. En sont présentés ici deux des poètes principaux.
Jean Second, flamand mort à Tournai en 1536 à vingt-quatre ans, est le seul érotique véritable de la langue latine. Virtuose du verbe et de l’image, il a consacré les dix-neuf poèmes de ses Baisers, qui enchantèrent Montaigne, Spinoza, Mirabeau et Goethe, à célébrer les lèvres d’une Espagnole blonde de Tolède : Nééra, son dernier grand amour.
Michel Marulle, soldat de fortune mort sous les armes onze ans avant la naissance de Jean Second, appartient comme son meilleur ami Jacopo Sannazaro et son ennemi intime Ange Politien à la génération des poètes-philologues italiens de la seconde moitié du xve siècle. La plupart des vingt-quatre épigrammes amoureuses ici présentées s’adressent à une grande dame, autre « Nééra », dont l’incognito est percé pour la première fois. La vingt-cinquième est une invective vengeresse contre Ange Politien. Dix-sept de ces pièces n’ont jamais été traduites en français.

Paru le 1er septembre 2006

Éditeur : Les Belles Lettres

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.