Les cahiers de Peut-être

Revue publiée avec le concours de la Région Ile de France et du Centre national du livre

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Association des amis de l’oeuvre de Claude Vigée
47 bis rue Charles Vaillant

77144

Chalifert

Peut-être, n°5

1er janvier 2014

Peut-être, n°5

Des rayons de miel sont enfouis dans la montagne de Jérusalem, comme les paroles logées muettes dans l’épaisseur d’un livre. Les deux royaumes subsistent parce qu’ils obéissent à la loi de l’interférence. Il y a interaction ordonnée entre ces noyaux pulsants de semence, soleils de calcite rayonnants et denses, et le grain fin, rose ou gris, de la pierre nocturne du monde. Pareil à l’œil stratifié du cyclope, avec ses cristaux taillés en facettes, le temps ici connaît un ordre libre et dispersé. L’unité (…)

Les sentiers de velours sous les pas de la nuit

1er octobre 2012

Les sentiers de velours sous les pas de la nuit

"Le chant mystérieux né sur l’arbre de vie,
tu l’entends bruire aussi au plus secret de toi
dès qu’il traverse à l’aube l’espace clair-obscur
où chaque arbre en vibrant de la racine aux cimes,
pris avec les saisons dans sa danse mortelle,
tient le monde captif sous sa terrible étreinte ;
nous naîtrons pour durer, pour mourir avec lui,
portés par sa ramure où fleurit la lumière
dont la rumeur se fait parole humaine dans le vent :
"Ce chant, qui est le feu du coeur, l’arbre de (…)

Mots et notes

1er septembre 2012

Mots et notes

Illustrations de Marie-Brunette Spire
Alfred Dott et Guy Braun
"ô vie matérielle. Je te remercie de me comprimer de partout. Alors plus puissant l’idéal jaillit et gicle."

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.