Les cahiers du sens n°29 - L’impatience

Les cahiers du sens n°29 - L'impatience

Au siècle dernier, en 1991 exactement, nouq prenions avec les Cahiers du Sens n°1 une route inconnue. Elle s’avéra passionnante à explorer. Le premier thème choisi pour notre dossier fut " Le désir ". A vrai dire il ne nous quitta jamais pendant presque trente ans !

Les Cahiers du Sens, chaque année, proposa un thème, une anthologie permanente de poèmes, des notes de lecture et de voyage. Il s’efforca de donner à lire et à découvrir des auteurs nouveaux dans le microcosme… Pour cela, il fallut accepter L’Errance, dénoncer L’Imposture, mettre en lumière L’Écrivain, prôner L’Ouverture … appréhender Le Mystère sans craindre La Colère, Le Oui/Le Non, Le Feu, Le Souffle, dans l’espérance de trouver La Voie/La Voix avec L’Impatience qui nous mènera tous, l’an prochain, vers Le Silence volontaire.

Que restera-t-il de ce Labyrinthe tracé grâce à l’esprit de corps et de fraternité de tant et tant de poètes dont la plupart devinrent des veilleurs et même des ami(e)s ?

Mais l’Éclésiaste nous le rappelle aujourd’hui encore : " Tout n’est que vent et poursuite du vent ". Et la moindre brise peut rafraîchir parfois même un visage d’enfant. Tel est notre espoir pour demain. Pourquoi ne pas l’avouer ?

Paru le 15 mai 2019

Éditeur : Le nouvel Athanor

Genre de la parution : Revue

Support : Revue

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.