Les chants de la terre de Friedrich Hölderlin

Les chants de la terre de Friedrich Hölderlin

Sa jeunesse rencontre des temps tourmentés. Réchappé du pastorat, le jeune idéaliste cherche dans l’exaltation spirituelle des idées révolutionnaires et l’idéal d’un modèle d’Harmonie antique dont il célèbre, dans une langue magnifique, les paysages et les rêves. Il est, sans que la plupart ne l’admettent parmi eux, le contemporain des grands romantiques allemands, dont Schiller, qui publiera son élégie annonciatrice, « La Grèce ». Hölderlin va se laisser envahir par une antiquité rêvée, en opposition aux réalités qu’il lui faut affronter. Vision splendide mais fracturée du divin que la réalité heurte sans cesse. Mais sans jamais − du moins avant les poèmes de la déraison − se détacher de sa terre natale, de ses fleuves, de ses montagnes qu’il voit et sait peuplés de divinités vivantes.

Paru le 1er janvier 2014

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.