Les enfants martyrs

Colette Nys-Mazure

A l’école

le maître cravache mon amour-propre.

Dans la rue

j’esquive des reproches cinglants.

Chez moi

je reçois une volée de bois vert.

Sur la branche

le martinet s’en moque.

extrait de Enfance portative, éditions de l’Esperluète

Poème
de l’instant

Rivages oubliés

Nous sommes devenus des noms innombrables
Immigrants ensemble
Les vêtements de la parole sont à présent secs
Et pour les sanglots
Le voyage Accroche des pinces à linge
Là-haut
Sur les cordes du vent.

Gebran Saad, Rivages oubliés, traduit de l’arabe (Syrie) par Antoine Jockey, Éditions LansKine, 2019.