Les mots du corps / Las palabras del cuerpo de Lourdes Espinola

présentés et traduits de l’espagnol par Claude Coufon.

Aujourd’hui, Lourdes Espínola poursuit son opération de vérité, mais en adoptant le ton confidentiel de la confession pour exprimer la réalité de son corps de femme, ses sensations, ses attentes, ses élans et ses abandons, et aussi ses mystères. Car, en s’enfonçant dans les arcanes du labyrinthe charnel, le poète découvre, grâce à l’intuition secrète des mots, certaines fulgurations de l’acte sexuel, dans sa préparation et sa réalisation. Hymne à l’amour physique, ce recueil n’est pas qu’un chant érotique ; il est aussi constats, interrogations sur l’origine et la transcendance du plaisir, les motivations heureuses ou fallacieuses du désir. Le corps devient en quelque sorte la page blanche sur laquelle le poète transcrit à la fois l’expérience vécue et la réflexion qu’elle inspire. Le miroir, ici, est souvent présent ; il reflète, bien sûr, l’image extérieure des corps en présence, mais aussi et surtout l’image intérieure, celle que présentent le coeur et l’intelligence. Dans Les mots du corps, chaque poème, d’une grande force suggestive, est comme un secret chuchoté à l’oreille du lecteur. Nous tendons la nôtre avec ravissement.

Paru le 1er décembre 2002

Éditeur : Indigo et côté femmes

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.