Les rides du Lion

Auteur : Abdellatif Laâbi

<i>Les rides du Lion</i>

Partant de son vécu personnel, Abdellatif Laâbi affronte dans Les Rides du lion une fêlure liée à la condition humaine que l’exil peut, selon les circonstances, engendrer en tout un chacun : bannis sans espoir de retour au pays d’origine, déplacés en quête de liberté ou de survie, chercheurs d’altérité et autres rebelles aux consensus. La littérature a depuis toujours remué cette fêlure au point d’en faire l’un des lieux féconds de l’écriture. Mais rarement son effet de cataclysme sur la perception de soi et du monde a été aussi minutieusement disséqué que dans le récit que nous en offre Laâbi. Qui plus est, l’auteur réussit ici le tour de force de chahuter le désarroi et le sentiment tragique qu’une telle expérience provoque par une dérision proche du sacrilège. Pour parvenir à ses fins, l’écrivain-narrateur (Aïn), plutôt poète, s’aide d’un double caricaturiste (Hdiddane), davantage versé dans la fiction. Ils rédigent à quatre mains et cultivent l’ubiquité pour parvenir à un texte hors norme où l’aventure d’écrire et celle de vivre se réclament des mêmes exigences.

Paru le 1er novembre 2007

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.