Les rides du Lion

Auteur : Abdellatif Laâbi

<i>Les rides du Lion</i>

Partant de son vécu personnel, Abdellatif Laâbi affronte dans Les Rides du lion une fêlure liée à la condition humaine que l’exil peut, selon les circonstances, engendrer en tout un chacun : bannis sans espoir de retour au pays d’origine, déplacés en quête de liberté ou de survie, chercheurs d’altérité et autres rebelles aux consensus. La littérature a depuis toujours remué cette fêlure au point d’en faire l’un des lieux féconds de l’écriture. Mais rarement son effet de cataclysme sur la perception de soi et du monde a été aussi minutieusement disséqué que dans le récit que nous en offre Laâbi. Qui plus est, l’auteur réussit ici le tour de force de chahuter le désarroi et le sentiment tragique qu’une telle expérience provoque par une dérision proche du sacrilège. Pour parvenir à ses fins, l’écrivain-narrateur (Aïn), plutôt poète, s’aide d’un double caricaturiste (Hdiddane), davantage versé dans la fiction. Ils rédigent à quatre mains et cultivent l’ubiquité pour parvenir à un texte hors norme où l’aventure d’écrire et celle de vivre se réclament des mêmes exigences.

Paru le 1er novembre 2007

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.