Les sept prénoms du vent

Auteur : Alain Duault

Les sept prénoms du vent

Dans ce nouveau recueil Alain Duault renouvelle la texture de ses textes, leur métrique. Sa forme quasiment architecturale – ou musicale – fait solidement et élégamment tenir ensemble les diverses parties de son tout.

Sept en est le chiffre clé : 7 hymnes, 7 commandements, 7 villes, 7 plaies, 7 visages, 7 saisons et 7 controverses. Cette diversité d’angles d’attaque lui permet de mettre en valeur son lyrisme, comme toujours un lyrisme abondant, bousculé, maîtrisé toutefois par un sens rare du rythme et de la couleur, de la plastique des mots.

La chanteuse

Elle est plus que nue et mes oiseaux sont sur ses lèvres
Quand elle retourne l’intérieur de son corps comme un gant
Pour qu’une reine advienne trop belle folle et qui va mourir
Ou pour un page une fée une femme rêvée celle chaque soir
Autre qui vole sur son souffle ploie et enroule à ses épaules
Une écharpe de mots que la musique affole et colore et fait
Briller ici comme un vol énorme d’hirondelles dans un ciel
Excessif dans les bras du théâtre je la regarde elle est à ceux
Qui le regardent et l’écoutent sa bouche et ses seins ouverts
A tous les vents du désir à la résonnance des murs aux dièses
Qui font battre son sang dans les veines de tous les hommes
Elle a tous les pouvoirs elle a les hanches courbes et quelque
Chose comme des larmes elle a sur les lèvres tout ce qui est
Brutal et délectable et dans la bouche la plus belle impudeur
La voix

Paru le 1er mars 2013

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Claude Michel Cluny

Odes Profanes

Tout déjà était en toi
même l’âpre saveur des paroles des morts
Avec sur ta bouche close
leur goût d’indicible sel.
Mais empare-toi de l’absence et ose
Va avance aveugle et seul
Toute flèche aime sa cible.
L’enfance le sait qui, libre
(habiter Nulle Part est le plus sûr)
déchire sans innocence
son invisible futur.

Claude Michel Cluny, Odes Profanes, Éditions de la Différence, 1989.