Les travaux et les nuits

Auteur : Alejandra Pizarnik

Les travaux et les nuits

Traduction de Jacques Ancet.

Publié en 1965 à Buenos Aires, Les travaux et les nuits recueille les poèmes qui ont été pour la plus grande partie composés à Paris. Les trois parties qui le constituent évoquent les phases d’un amour marqué d’emblée par le sceau du poème. Une présence petit à petit s’étiole, Alejandra Pizarnik lutte, avec le langage et le corps, pour tenir aux côtés de l’autre d’abord incarné, puis, de plus en plus loin, pour faire face à l’autre de toujours devant le miroir.

« Pour elle a pris fin un voyage dont elle ne croit nous livrer qu’un contour, un dessin sur le mur ; pour nous en commence un autre.  » Écrit Olga Orozco au sujet de ce livre. « Nous nous enfonçons dans sa poésie. C’est un pays dont les matériaux semblent tirés de miniatures d’émail ou d’estampes illuminées : il y a des éclats d’herbiers aux plumages orientaux, des lueurs d’épopées dans des populations enfantines, des reflets d’héroïnes qui traversent les miracles. […] Pour se perdre et ne pas se perdre, Alejandra a marqué le chemin vers ses refuges par de resplendissants cailloux de silence, qui sont des condensés d’insomnies, d’angoisses, de soif dévorante. »

Paru le 15 octobre 2013

Éditeur : Ypsilon éditeur

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.