Les vacances de mon amie Carla

Stéphane Kiehl

Les vacances de mon amie Carla

Carla, c’est ma chienne.
Carla dit « tu es ma meilleure amie ».
J’ai passé un an à l’école et Carla a passé un an à m’attendre !
Elle n’apprendra jamais à lire. Je crois qu’elle n’en a pas très envie ou qu’elle fait semblant de ne pas vouloir.
J’ai crié « c’est les vacances ! ».
Nous avons sauté sur le lit, sur le canapé, puis encore sur le lit, puis sur un fauteuil, nous nous sommes un peu bousculées.
Je me suis cogné la tête à la commode, Carla aussi. Ma maman m’a un peu grondée, puis elle m’a consolée.
Carla n’a rien dit, puis elle a aboyé.
Aujourd’hui, C’EST LES VACANCES !

Pour tous les amoureux des animaux, des jeux, du grand air et des vacances !

Stéphane Kiehl a fait ses études à l’École des Beaux-Arts de Nancy. Il vit actuellement à Paris. Il a travaillé pour des magazines, des maisons d’édition et des agences de communication. Parmi les derniers titres qu’il a illustrés, on peut citer Léon l’extra petit terrestre, aux Éditions de la Martinière, ou La guerre des microbes, chez Actes Sud Junior.

Paru le 29 mai 2019

Éditeur : Grasset Jeunesse

Genre de la parution : Jeunesse

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.