Les voix du poème

Auteurs : Zéno Bianu, Bernard Mazo, Yvon Le Men, Yves Bonnefoy

<i>Les voix du poème</i>

Pour la troisième année consécutive, les Éditions Bruno Doucey publient une anthologie consacrée au thème de la nouvelle édition du Printemps des Poètes, se déroulant du 9 au 24 mars 2013.
Le thème de cette 15ème édition ? Les voix du poème. Ainsi que l’explique Jean-Pierre Siméon, directeur artistique de la manifestation, « dès sa naissance, au début des temps humains, la poésie est une parole levée. Qu’il soit murmure, cri ou chant, le poème garde toujours quelque chose de son oralité native. » L’anthologie que proposent Christian Poslaniec et Bruno Doucey prend en compte cette polyphonie vivante, jouant habilement sur l’homophonie des termes voix et voie. Qu’ils proviennent du passé (comme Louis Labé, Hugo, Verlaine, Rimbaud, Garcia Lorca) ou de la poésie contemporaine (comme Yves Bonnefoy, Zéno Bianu, Yvon Le Men ou Bernard Mazo), de France ou d’ailleurs, les textes qu’ils ont collectés rappellent que la voix intérieure du poète répond aux voix du monde.
Voix lactée, voix d’eau, voix publique, voix de communication ou voix sans issue, à claire voix, à double voix ou en voix de disparition -, qu’importe les différences : pour les poètes, la voix est toujours libre !

Paru le 1er mars 2013

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.