Lettre d’une mère arabe à son fils

Maram Al-Masri

La liberté
est un cri
l’explosion d’une corde
dans une poitrine qui n’en peut plus.

La liberté
est la maîtresse de la force
la Belle des belles
déesse de la sagesse
car le monde devient sourd
aux cris des mères
car le monde
ne prend plus dans ses bras
la gazelle blessée
qui a fui la balle du chasseur
car il y a
entre nous, mon fils,
des montagnes
des mers
des vents
et des nuits sans couleurs
rythmées
de peur et d’espoir

Mon fils, sois
la goutte d’eau
qui formera la vague
avec les autres gouttes
qui nettoiera la côte du monde
et adoucira le rocher pointu.

Mon fils, sois le souffle
qui s’unira à l’air
pour que la tempête arrache
les racines de l’injustice

Sois l’étincelle
dans la lumière,
que le soleil de la liberté
illumine ton pays.

Ta vie m’est chère…
comme celle des enfants de toutes les mères
je te dédie,
mon fils,
à la liberté.

Maram al-Masri, in La robe froissée,
© Éditions Bruno Doucey, 2012

Poème
de l’instant

Les quatre coins du cœur

Un garçon qui, avec le courage des simples, aimait ce qu’il désirait, admettait ce qui l’émouvait, bref, s’y livrait sans se débattre. Naïvement, comme plus personne – ou si peu – n’en avait la possibilité, le courage ou la simplicité en ce siècle.

Françoise Sagan, Les quatre coins du cœur, Éditions Plon, 2019.