Lettres à la jeunesse, dix poètes parlent de l’espoir

Auteurs : Andrée Chedid, Giuseppe Conte, Israël Eliraz, Nuno Judice, Reiner Kunze, Zoé Valdés, C. K. Williams, Olzhas Suleïmenov, Abbas Beydoun, Taslima Nasreen

<i>Lettres à la jeunesse, dix poètes parlent de l'espoir</i>

Co-édition Librio et Le Printemps des Poètes

Recueil d’une dizaine de lettres adressées à la jeunesse, rédigées par dix poètes parmi les plus prestigieux, de dix pays différents.

Les poètes Abbass Beydoun (libanais), Rainer Kunze (allemand), Taslima Nasreen (Bangladesh) Israël Eliraz ( Israëlien), C. K. Williams (Etats-Unis) Oljas Suleimenov (Tagzasthan), Andrée Chedid (France), Giuseppe Conte (Italie), Nuno Judice (Portugal) et Zoé Valdès (Cuba) participent à ce projet.

Les lettres qui évoquent l’espoir, la nécessité de la poésie et de l’utopie sont accompagnées d’un poème en langue originale et d’une version traduite. L’idée d’une édition bilingue s’est imposée pour tendre à l’universalité.

Il s’agit d’une publication populaire et très accessible. C’est pourquoi, notre choix s’est porté sur un éditeur, tel que Librio, dont le lectorat est surtout représenté par les jeunes de 15-25 ans et qui a déjà publié des ouvrages épistolaires au prix très peu élevé.

Paru le 1er mars 2003

Éditeur : J’ai Lu - Librio

Genres de la parution : Recueil Anthologie

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage