Lettres d’amour, poste restante

Auteur : Francis Combes

Lettres d'amour, poste restante

Extrait :

Billet doux pour une Amazone

— La connais-tu la légende des Amazones
— qui se faisaient couper un sein
— pour mieux tirer à l’arc
— quand elles montaient à cheval ?
— Toi, mon Amazone,
— s’il te plaît,
— ne fais pas comme elles.
— Je te préfère entière
— et même avec tes deux seins
— tes flèches
— m’atteignent en plein cœur

À la différence de la plupart de ses livres précédents, Francis Combes nous livre dans Lettres d’amour, poste restante, un recueil au sens propre du terme.

  • Poèmes glanés au fil des jours et jetés dans le sac du voyageur.
  • Un recueil comme un journal de bord, à la fois amour concret, personnel, mais aussi un questionnement sur la place de l’amour dans notre société, et sur son évolution nécessaire.

Sans doute mieux connu pour ses poèmes politiques que pour ses poèmes d’amour, mais pour lui, l’un ne vas pas sans l’autre : "Dans toute relation amoureuse, il y a une part de politique… Et que vaut l’engagement politique s’il n’a pas à voir avec l’amour, au moins, l’amour de l’humanité ?"

Et pour reprendre la formule de Paul Éluard, il s’agit de passer "de l’horizon d’un homme à l’horizon de tous".

Paru le 13 février 2020

Éditeur : La Passe du Vent

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Marceline Desbordes-Valmore

« Les roses de Saadi »

J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée :
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, « Les roses de Saadi », Poésies de 1830.