Lieux d’être "Viens avec tes yeux"

Lieux d'être "Viens avec tes yeux"

Sommaire

Photographie d’Henri Zerdoun

Lieux d’inédits

Michel Host, Olympia Alberti, Philippe Landreau, Leïla Sebbar, Henri Zerdoun, Alain Nozavel, Marc Bonetto, Max Alhau, François-Xavier Farine, Georges Cathalo, Marie-Paule Richard, Evelyne Boix-Moles, Jean Orizet, Régis Louchaert, Patrick Chavardès, Pierre Dhainaut, Gilles Lades, Guénane, Alain Freixe, Jean-Yves Vallat, Monique Castaignède, Adrien Caron, Philippe Nollet, Matthieu Deprieck, Benoit Meilac, Nicolas Gille, Jean-Louis Cloet et Marcel Schneider.

Hommage à Pablo Neruda.

Paru le 1er juillet 2004

Éditeur : Lieux d’Etre

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage