Lignes de crête

Michel Diaz

Lignes de crête

Lignes de crête, fragments d’errance, livre nourri des rêveries, méditations et réflexions suscitées par la marche, s’articule en quatre parties successivement adressées à Walter Benjamin, Friedrich Hölderlin, Claude Cahun et Alejandra Pizarnik. Deux femmes, deux hommes. Quatre figures de penseur, artiste et poètes, dont le parcours de la pensée, la vie sans concessions et le destin tragique, dessinent des figures d’une intense humanité. C’est porteur de cet héritage irradiant ses forces obscures et lourd d’ombres incandescentes que l’auteur de ce livre chemine, en bordure de failles, en suivant, sur la sente des jours noueux, le tracé incertain et mouvant de ses propres lignes de crête, mais les yeux posés sur un horizon qui ouvre, là-bas, vers demain, sa lumière toujours espérée, ses clartés parfois reconquises dans un élan inassouvi d’acquiescement au monde.

Michel Diaz, né en Algérie, vit à Tours où il a enseigné la littérature et l’art dramatique jusqu’en 2008. Spécialiste de l’œuvre d’Arthur Adamov, il lui a consacré une thèse de doctorat où il étudie ce qui en constitue la radicale singularité. Attiré très tôt par la poésie, il a surtout, d’abord, écrit pour le théâtre une douzaine de pièces dont quelques-unes ont été publiées (P.-J Oswald, J.-M. Place), représentées ou diffusées à la radio sur France-Culture.
Il est aussi l’auteur, chez différents éditeurs (P.-J. Oswald, J. Hesse, Chr. Pirot, L’Ours Blanc, Cénomane, Musimot, N & B, L’Amourier), de cinq recueils de nouvelles, d’une dizaine de livres d’art (poèmes et proses poétiques) en collaboration avec des artistes, peintres ou photographes, et de plusieurs ouvrages de poésie. Il a également contribué à de nombreux livres d’artistes à édition limitée et à la réalisation de « livres pauvres », à destination de médiathèques, musées, ou collections privées.

Paru le 1er janvier 2019

Éditeur : Editions Alcyone

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.